

26.10.2009 Pierre Cherruau, Philippe | Thureau-Dangin
Pourtant, à Tunis, tout le monde ne se réjouit pas de ce nouveau triomphe de la “démocratie” au Maghreb.
Plus que jamais les opposants sont bâillonnés. Le journaliste et écrivain Taoufik Ben Brik a de plus en
plus de mal à faire entendre une voix dissonante. “Les autorités avaient promis de s’en prendre à ma famille, elles ont tenu parole” explique-t-il. Jeudi 22 octobre, alors qu’il
ramenait sa fille de 10 ans de l’école, il aurait été victime d’un nouveau coup monté. “Une femme a volontairement embouti notre véhicule. Puis, elle s’est jetée sur moi. Elle a arraché mes
vêtements. Elle s’est couchée sur le capot de notre véhicule. Tout cela devant ma fille qui était bouleversée. 'Cet agent des services' voulait me conduire à la police. Grâce au soutien des
habitants du quartier, j’ai pu échapper à ce traquenard”, nous a-t-il déclaré de son domicile tunisois.
Depuis cet incident, Taoufik Ben Brik se terre à son domicile : “Si je sors de chez moi, je vais être arrêté par la police. Ma maison est déjà cernée.” Ben Brik a sans doute le
tort d’être l’un des derniers à oser encore critiquer la “démocratie à la tunisienne”.
Au Maroc aussi souffle un vent mauvais. Le dessinateur Khalid Gueddar a commis un “crime de lèse-majesté” : oser caricaturer le roi et sa famille. Début octobre, il a
été entendu par la police pendant deux jours. Il lui est notamment reproché d’avoir “déformé” dans un dessin l’étoile verte qui figure sur le drapeau marocain. Il est accusé “d’outrage au
drapeau national”. Khalid Gueddar risque jusqu’à cinq années de prison. Quant à son ancien directeur de publication, Ali Lmrabet, il est toujours interdit d’exercice du métier de
journaliste pour une durée de dix ans.
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