Posté par Martin de Bruxelles le Mercredi, 11 juin, 2008
Publié sur le blog très instructif de SPQR7
EXTRAITS

Qu’est-ce que la démocratie véritable ?
Il y a souvent une confusion entre les concepts de « démocratie représentative », « démocratie participative » et « démocratie directe ».
Le présent article explique quelle est la différence entre les prétendues « démocraties » que nous imposent les politiques au pouvoir depuis des décennies et la démocratie véritable.

Qu’est-ce que la démocratie ?
La démocratie est assurée par deux conditions indissociables :
La liberté d’opinion doit être garantie : cela signifie que les citoyens sont libres d’exprimer et de propager toutes les opinions quelles qu’elles soient.
Toutes les décisions doivent être conformes aux désirs de la majorité des citoyens, donc toute décision doit pouvoir être soumise à la validation par la majorité des voix des citoyens qui désirent s’exprimer.
(…)
En démocratie, le devoir des individus qui représentent le pouvoir – politique, éducation publique, médias officiels – est de respecter la liberté d’opinion et d’appliquer systématiquement et scrupuleusement les décisions qui viennent de la volonté de la majorité des citoyens.
Les citoyens doivent être libres d’exprimer et de propager toutes les opinions sans aucune censure ou interdiction
(…)
La démocratie existe quand les décisions sont prises selon les souhaits de la majorité des citoyens. En démocratie le peuple doit décider sur toutes les questions qu’il souhaite, sans aucune limite, par conséquent chaque citoyen doit pouvoir exprimer et propager ses idées.
(…)
D’autre part les politiques, c’est à dire les administrateurs de la communauté, ne doivent pas agir isolés des citoyens, uniquement selon les idéologies auxquelles ils se réfèrent ou selon les lobbies ou selon les groupes d’agitateurs qui cherchent à s’imposer. Les politiques doivent être en permanence à l’écoute des citoyens (…)
Chaque décision doit être conforme à ce que désirent les citoyens dans leur majorité
On peut distinguer trois types de « démocraties », mais une seule mérite le nom de démocratie.
Démocratie représentative :
Dans un système de « démocratie représentative » les politiques sont élus, ensuite ils prennent des décisions, écrivent des lois, signent les traités internationaux, engagent des dépenses que des générations futures devront rembourser etc. … sans vérifier si la majorité de la population est d’accord avec chacun de leurs actes, et même souvent en sachant que la majorité de la population n’est certainement pas d’accord avec certains de leurs actes.
Un exemple (…): le vote sur la Constitution de l’Union européenne, dans la version proposée aux citoyens européens en octobre 2004. En France, cette constitution avait été approuvée par le Président de la République française, puis avait été approuvée par 92 % des parlementaires de l’Assemblée nationale française, avant d’être rejetée par 55 % des électeurs français lors du référendum de mai 2005. (…)
Démocratie participative :
Dans un système de « démocratie participative » les politiques sont élus, ensuite ils font appel à certains groupes qui représentent certaines catégories de la population, pour participer à la définition des actions politiques. Les groupes auxquels font appel les politiques sont des représentants socioprofessionnels (industrie, services, syndicats, agriculture, bâtiment, enseignants etc.) ou des organismes, instituts, forums professionnels ou citoyens, financés par certains groupes d’intérêts, ou involontairement financés par les contribuables lorsque ces groupes ont la forme d’associations qui sont subventionnées par les municipalités, régions ou ministères.
Dans ce système participatif, les politiques au pouvoir agissent aussi en fonction de l’intensité du bruit que font certains groupes.
Par exemple quelques dizaines d’occupants des églises ou des salles de sport peuvent – soutenus par des associations, donc par les représentants de la démocratie participative – imposer aux municipalités4 de prendre en charge leur logement et leurs besoins alimentaires.
Par exemple, des voyous brûlent beaucoup de voitures, pour qu’un parti politique – conseillé par des associations représentant la démocratie participative – décide la mise en place de la « discrimination positive »
« positive » signifie qui est favorable aux groupes de population dont sont issus les brûleurs de voitures et qui en même temps est défavorable - « négative » - pour les autres groupes.
Peut-être que la majorité des citoyens qui sont concernés par ce genre de décisions sont d’accord, mais peut-être qu’ils ne sont pas d’accord – en attendant ce sont les politiques et les groupes les plus bruyants ou les plus agressifs qui décident et l’opinion de la majorité qui reste silencieuse est ignorée. Tous ces groupes auxquels font appel les politiques ne sont au mieux que des lobbies2.
En somme, en démocratie participative, ce sont les lobbies
qui ensemble avec les politiques décident ce qui doit être imposé à la majorité silencieuse : la démocratie participative est la technocratie des lobbies.Si la démocratie était respectée, les lobbies ne pourraient intervenir que pour faire des propositions. Mais en démocratie c’est toujours (il faut souligner le mot « toujours ») la volonté de la majorité de la population qui devrait être respectée pour décider quelles sont les lois qu’il faut écrire et mettre en application, quelles sont les actions à engager, quelles sont les mesures à prendre. En « démocratie » participative ce n’est pas le cas.
Les critiques de ce système (celui de la démocratie participative, NdlR) le qualifient parfois par le terme qui est censé être péjoratif : « populisme ». Le terme « populisme » voudrait dire que ce système politique repose sur les décisions voulues par le peuple dans sa majorité. Mais ce système politique de « démocratie participative » permet simplement aux politiques en place de dire « le peuple a décidé que… » alors qu’en vérité le peuple, dans sa majorité, n’a pas été consulté pour « décider que … ». En ce sens ce système politique est un déguisement de la volonté du peuple, c’est un « populisme de façade », cynique, car il justifie des décisions autoritaires, mais soutenues par certains lobbies, proches du parti au pouvoir, comme étant soi-disant « voulues par le peuple » alors qu’en vérité ces décisions n’ont pas l’appui de la majorité des citoyens.
(…).
Démocratie directe :
La « démocratie directe » est la
seule qui mérite vraiment le nom de démocratie. Dans ce type de démocratie, l’outil politique fondamental est le référendum, qui permet à la
population d’intervenir directement dans les décisions de politique et de gouvernement, d’intervenir donc sans intermédiaires, afin de valider les décisions que les politiques doivent ensuite
traduire en lois ou afin de corriger les décisions de ceux qui gouvernent.De façon collective, la masse des citoyens n’est pas souvent génératrice d’idées constructives. Certaines grandes idées qui apportent le progrès à la communauté viennent d’individus qui sont capables d’exposer leur vision, de l’argumenter et de convaincre les citoyens. Ces individus font progresser l’humanité parfois en étant au départ contre l’opinion du plus grand nombre. Mais il est important que ces individus n’imposent pas leurs idées contre la volonté de la majorité des citoyens : ils doivent convaincre les citoyens et c’est toujours l’opinion du plus grand nombre qui doit décider.
(…)
La démocratie directe n’élimine pas les éléments de « démocratie représentative » ni les éléments de « démocratie participative ». La démocratie directe laisse aux uns et aux autres la possibilité de faire des propositions et aux politiques la responsabilité de gérer les affaires de la communauté au quotidien. Mais elle exerce sur les politiques et sur les lobbies le contrôle du respect de la règle « pour toutes les questions qui touchent la communauté c’est la volonté de la majorité des citoyens qui décide ».
Les critiques opposées à la démocratie directe manquent d’arguments
Les arguments contre le système politique qui inclut la démocratie directe sont de deux types :
” c’est du « populisme »” ;
“ça ne peut fonctionner qu’à un niveau géographique restreint ou dans une petite communauté, au niveau des municipalités ou des régions, mais un grand pays ne peut pas être gouverné d’après des décisions issues des résultats des référendums. Ça ne peut qu’engendrer des instabilités.”
Le mot « populisme » fait partie du vocabulaire que les opposants à la généralisation des référendums utilisent lorsqu’ils sont à court d’arguments. C’est avec des intonations péjoratives qu’ils prononcent le terme « populisme » qui signifie que ce système politique repose sur les décisions voulues par le peuple dans sa majorité.
Ils sont donc péjoratifs uniquement parce qu’ils estiment que les décisions politiques doivent être réservées à une « élite » - c’est là le véritable argument caché de ceux qui sont contre le « populisme » : ils ne disent pas clairement qu’ils sont opposés à la démocratie. Car si les décisions doivent être réservées à une élite, alors la démocratie n’existe pas.
(…)
Les États Unis d’Amérique sont un exemple de grand pays qui pour certains types de décisions met en œuvre les référendums.
(…).
Résumé des deux conditions de la démocratie véritable
Les deux conditions qui permettent de reconnaître la mise en place de la démocratie dans une communauté sont :
tout citoyen a le droit d’exprimer et de propager des opinions ou des idées quelles qu’elles soient, sans censure, sans interdit ;
les propositions qui concernent la communauté sont toujours appliquées suivant ce que décide la majorité des citoyens, donc toute décision doit pouvoir être soumise à la validation par la majorité des voix des citoyens qui désirent s’exprimer.
En démocratie, le devoir des individus qui représentent le pouvoir – politique, éducation publique, médias officiels – est de respecter la liberté d’opinion et d’appliquer systématiquement et scrupuleusement les décisions qui viennent de la volonté de la majorité des citoyens.
Martin de Bruxelles
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